Inspiration antique

juillet 6th, 2018  |  Published in A la une !, Inspis : fictions

Note : cet article vous est (aaah, le retour !) proposé par François-Xavier Cuende, grand sympathisant à la cause qui vous avait jadis était présenté en détails ici même : http://www.paysdenullepart.fr/le-role-dequipage-2-francois-xavier-cuende/ Cette fois-ci, notre opiniâtre mousquetaire vous propose d’aller fouiller bien loin des terres trop connues du XVIIIe siècle pour y trouver l’inspiration pour des aventures tout de même très terraincognitesques. Et oui, il est fort, il est très fort.

Dans un de ses récents billets (http://www.paysdenullepart.fr/une-lecture-rapide-et-agreable-pour-ti/), Julien glissait qu’on peut trouver des inspirations pour Terra Incognita dans des environnements très divers, et pas forcément dix-huitiémistes.

Je relève l’invitation, avec une inspiration piochée dans un polar « historique », ayant pour cadre la Rome antique. En effet, j’ai récemment relu L’or du Poséidon (Poseidon’s Gold, 1993), de Lindsey Davis (http://www.lindseydavis.co.uk/). C’est une des aventures de son détective privé, Marcus Didius Falco, qui officie sous le règne de l’empereur flavien Vespasien, à la fin du premier siècle de notre ère.

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Dans cet épisode (le 5ème d’une série qui en compte 20), Falco se retrouve mêlé à des magouilles montées par son frère (mort en Judée sous l’uniforme de légionnaire) et devant rendre des comptes aux créanciers (peu commodes, voire homicides) que feu son frère a arnaqués.

J’ai retrouvé avec grand plaisir les ingrédients qui m’ont fait apprécier cette série de romans depuis que je l’avais découverte au début des années 1990 : la finesse d’écriture, l’autodérision et le cynisme de Falco qui raconte ses enquêtes à la première personne, le portrait vivant du monde romain antique (ce tome-ci se déroule principalement à Rome et Ostie, mais les autres emportent les lecteurs jusqu’aux marges de l’Empire, de la Bretagne à la Bétique, de la Germanie à la Judée, en passant par l’Égypte et la Cyrénaïque) de ses palais impériaux à ces quartiers miséreux, les galeries succulentes de personnages principaux et secondaires, et les intrigues qui vont des fraudes fiscales patriciennes aux conflits familiaux d’héritage et aux grenouillages espionno-diplomatiques. Bien des thèmes qui nous sont très contemporains, même s’ils ont, sous la plume de Lindsey Davis, un costume romano-antique ; en cela, Falco est le très proche cousin des privés nés de l’imagination des auteurs hard-boiled états-uniens.

Attention, ce qui suit dévoile une partie de l’intrigue du roman, mais j’essaie de ne pas tout déballer, pour ne pas priver les éventuels futurs lecteurs du plaisir de se laisser prendre au piège.

Dans ce roman, donc, Falco, le privé, se retrouve dans la mouise à cause de deux arnaques croisées, montées par son frère, Festus. Or ce dernier est mort au combat, loin de Rome, et les personnes qu’il a arnaquées s’en prennent à sa famille.

Les deux arnaques sont liées : d’une part, Festus, avec des complices de sa légion, a pioché dans ce qui sert de « caisse » de rémunération des légionnaires, pour financer une opération de trafic d’œuvres d’art, et certains y ont laissé des plumes ; d’autre part, Festus avait promis à de riches clients romains de leur livrer des statues grecques de qualité exceptionnelle. Mais le naufrage du navire censé ramener les statues à Rome a fait naufrage.

C’est en dénouant les fils de l’écheveau dans lequel il se retrouve pris que Falco découvre, peu à peu, les tenants et aboutissants de ces arnaques.

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Plusieurs éléments en font, à mon sens, une « bonne inspiration » pour Terra Incognita :

- le côté « enquête », qui est un ressort classique (et pas forcément banal ou monotone) des scénarios de JdR ;

- l’implication directe d’un personnage : ici, ce n’est pas du « votre commanditaire vous engage pour une mission comme ci ou comme ça ». Certes, dans d’autres romans de la série, Falco travaille pour le palais impérial, voire pour l’empereur lui-même ; cependant, dans celui-ci, sa motivation première est de sauver sa famille et lui-même. Ici, ce serait donc l’occasion pour un PJ (et ses amis) de se retrouver dans une aventure qui ne dépendra pas d’un ordre donné par sa Coterie ;

- le cœur de l’intrigue, avec ce trafic d’œuvres d’art, de contrefaçons. Les statues du roman peuvent être transposés en objets plus spécifiquement liés à l’univers de Terra Incognita : une carte secrète (ou plusieurs) de Pays d’Ailleurs (sur notre Terre ou plus loin !), des objets d’art liés à des Prodiges, etc. ;

- la variété des personnages mêlés aux diverses ramifications de l’intrigue : des soldats engagés sur un front lointain mais en permission dans la capitale, des nobles collectionneurs d’art, un « commissaire priseur » pas trop honnête, des faussaires, des transporteurs maritimes pas toujours regardants, etc. Une galerie tout à fait transposable à l’univers de Terra Incognita.

Cet Or de Poséidon est donc un roman qui, me semble-t-il, se prête bien à être adapté sans vergogne (et sans grande difficulté) à une aventure pour Terra Incognita et son livret sur Paris : une aventure dans la capitale, peut-être en préalable à une aventure plus lointaine, selon la nature que le Maistre donnera aux objets centraux de l’intrigue.

Et comme on trouve ce roman (et les autres de la série, qui valent eux aussi le détour) à 1 ou 2 euros d’occasion, ce serait dommage de se priver !

Xaramis

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