Jouer la « campagne dodo » (spoiler !)

février 21st, 2013  |  Published in A la une !, Aides de jeu

Ayé, Terra Incognita : Voyages aux Pays de Nulle Part est désormais doté de la possibilité de se jouer en (mini-)campagne complète bien avant la clôture de la (grosse) campagne officielle, celle dite des Indes Célestes, dans le livre 5 de la gamme.

Certes, cette mini-campagne ne possède que 3 (ou 4) scénarios, a été créée en tant que campagne au fil de l’eau et des opportunités de parution mais elle forme bel et bien une intrigue continue à rebondissements qui permettra assez simplement aux joueurs de découvrir nombre d’aspects essentiels à l’ambiance de Terra Incognita : utopie, pirates, Substances, Coteries, espèces plus ou moins disparues, Naturels plus ou moins belliqueux et même un peu d’humour.

Pour s’y retrouver, on conviendra donc de l’appeler la campagne dodo. Rapport au dodo. L’ami de l’homme.

Inaugurée par le scénario du livre de base, poursuivie dans une partie du vaste « bac à sable » du Livre du Maistre, achevée enfin dans le Casus Belli #5, cette « campagne » n’a pas vraiment été conçue en tant que telle. Lors de l’écriture du scénario du livre de base, il n’était en effet pas prévu d’en proposer une suite ou une préquelle. Ceci dit, en écrivant le gros scénario du livre 2, j’ai pu constater par l’expérience que Terra Incognita est un jeu en campagne, par nature. En effet, le voyage en lui-même ne vaut que s’il est précédé de l’attente fébrile, des espoirs salés, des préparatifs minutieux puis suivi d’un retour plein de gloire ou d’amertume. Je m’en explique longuement (entre autres choses) ici : http://www.paysdenullepart.fr/les-pays-de-nulle-part-le-chat-de-schrodinger-et-vermeer/

Ainsi, le scénario du livre 2 puis ce scénario proposé à Casus Belli ont-ils été reliés au précédent. Au final, si on veut bien admettre cet enchaînement d’aventures rocambolesques, cette petite campagne se propose de résoudre à la façon Terra Incognita le mystère qui entoure la disparition du dodo.

Rappelons que le dodo ou dronte est une sorte de pigeon géant qui vécut sur l’île Maurice (dans l’archipel des Mascareignes) jusqu’à la fin du 17ème siècle. Il disparut alors, sans doute victime de la sur-chasse (il faut dire aussi qu’il était gros, stupide et savoureux…) lors de l’arrivée des premiers explorateurs puis colons européens aux Mascareignes.

On constata plus tard que sa disparition serait bientôt suivie de celle du tambalacoque, un arbre remarquable dont les dodos aimaient à picorer les graines. Ce grand arbre mesure, à sa maturité, une vingtaine de mètres de haut. Surtout, il présente une résistance hors du commun : solidement planté sur son large tronc et ses profondes racines, il ignore aussi bien les excès du climat que les outrages du temps. En temps normal, un tambalacoque peut facilement vivre 3 siècles ou même plus.

Les gens du Pays d’Ici, qui commencent à peine à fouler le sol de ces îles très lointaines, ont vite été attirés par cet arbre singulier. Et si cet arbre si résistant était susceptible d’offrir aux hommes ce qu’ils désirent si fort en ces temps troublés : la longévité ? Après de longues recherches sur le terrain et maints essais infructueux, un Alchimiste intrépide a fini par répondre à la question : oui, le tambalacoque regorge d’une Substance à même d’entrer avec succès dans la recette d’un Élixir de Longue-Vie ! Cette matière Prodigieuse semble se concentrer dans les fruits frais de l’arbre : il n’y a qu’à les cueillir, les presser pour en obtenir le jus et le tour est joué.

Hélas, ces fruits pourrissent très vite et il n’est guère aisé de les conserver ou même d’en conserver le jus. L’idéal serait de disposer de vastes réserves d’arbres, voire de les cultiver dans des plantations de Longévité. Seulement, le tambalacoque semble, depuis quelque temps, frappé d’un mal étrange : l’espèce est en voie de disparition pure et simple. Les arbres que l’on rencontre sur l’île de France semblent pourtant en bonne forme, mais ils sont incontestablement moins nombreux qu’auparavant et, surtout, on n’en compte aucun spécimen jeune, ceux qui justement donnent les fruits les plus abondants et les plus juteux. Pour couronner le tout, les tentatives pour le cultiver ont toutes échoué, jusqu’à présent…

En fait, ce trésor de botanique est totalement lié à son milieu. Le tambalacoque est ce que les philosophes naturels appellent une espèce endémique. Appelé également Arbre à Dodo, il a la particularité d’avoir besoin de l’assistance involontaire de ce curieux volatile local pour croître et multiplier. En effet, si le fruit du tambalacoque intéresse peu le pigeon géant, celui-ci se montre par contre très friand des graines de l’arbre qu’il picore avec un gloussement de contentement. Le passage de la graine, très dure, dans le tube digestif à toute épreuve de l’oiseau qui ne volait pas a pour effet de lui retirer son épaisse gangue et de permettre ainsi aux graines, du moins à celles qui finissaient dans ses excréments, d’être disséminées par les voies naturelles. Ainsi libérée et qui plus est intimement liée à de l’engrais naturel bien frais, la graine de tambalacoque donne alors naissance à une pousse de ce qu’on peut véritablement appeler un Arbre à Dodo. Étonnant, non ?

Ah oui, j’oubliais : le dernier Dodo semble avoir été abattu par un marin hollandais affamé (ou ivre ?) il y a quelques années seulement. Plutôt rageant, non ?

Alors, et les PJ dans cette histoire ?

Tortugas, le scénario paru dans le livre de base de Terra Incognita : Voyages aux Pays de Nulle Part, est prévu pour se raccrocher à cette campagne. Dans ce scénario, les PJ sont envoyés non loin des Mascareignes pour récupérer une mystérieuse Substance végétale et des renseignements sur celles-ci auprès d’un explorateur local. Il peut donc s’agir logiquement de graines de l’Arbre à Dodo.

Dans Panier de crabe à Saint-Malo (Livre du Maistre), les PJ ont peut-être réussi à ramener les graines au Pays d’Ici, mais, hélas, faute d’informations révélées par l’explorateur (et aussi faute de Dodo vivant !), elles s’avèrent pour le moment inexploitables. C’est pourquoi, dès que leur Coterie entend à nouveau parler de dodo à Saint-Malo, elle les envoie, eux, sur place.

Si au contraire, les PJ jouent d’abord ce scénario ou une partie de ce scénario (voir plus loin), ils auront une bonne raison d’aller du côté des Mascareignes pour récupérer une Substance désormais bien identifiée et dont ils connaîtront d’avance le potentiel. Jouez alors Tortugas après Panier de crabes

Enfin, le Maistre peut aussi profiter de la structure très ouverte du « bac à sable » du Livre du Maistre pour en faire jouer d’abord une partie, puis envoyer les PJ vers les Tortugas, avant de leur faire reprendre, là où ils les ont laissées, les intrigues de leur port d’attache. C’est ma mise en place favorite personnellement. Elle permet de profiter réellement de la notion de port d’attache en vivant des aventures, en embarquant et en débarquant à Saint-Malo.

Dans tous les cas, une fois qu’ils auront eu les graines (à l’issue de Tortugas) et les renseignements sur leur utilisation (à l’issue de Panier de crabes…), il restera bien évidemment aux PJ à repartir une dernière fois à l’aventure pour trouver ce qu’il leur manque : un dodo vivant.

En effet, dans les épisodes précédents, les PJ ont établi la preuve du lien entre dodo et tambalacoque, l’« arbre à dodo » : sans dodo vivant, l’espèce disparaîtra fatalement à son tour. Or, les PJ ont aussi acquis la certitude qu’il existe encore des dodos vivants ! Hélas, leur stupidité et la convoitise des hommes font que leur survie en dehors de Maurice est très improbable. Une seule solution : se rendre dans les Mascareignes à la recherche des derniers dodos vivants !

C’est là qu’intervient le scénario du CB #5 : Dodozifier !

Allez, c’est parti ! Et au rapport dès que possible ;-!

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