L’âge de la déraison (romans)

septembre 30th, 2010  |  Published in Inspis : fictions

Au registre des œuvres de fiction contemporaines pouvant servir de source d’inspiration à Terra Incognita, je vais vous parler cette fois-ci d’une impressionnante somme d’un auteur américain.

Bon, en fait, je n’en ai lu que deux tomes. Il faut dire que le cycle dont je vais vous entretenir, L’âge de la déraison de Gregory Keyes, n’est pas une trilogie, non, madame, c’est une tétralogie (4 volumes pour ceux qui préfèrent les noms non-pédants). Mais où s’arrêteront-ils ces américains, où s’arrêteront-ils ?!

En ce qui me concerne, 2 sur 4, 50 % de « read ratio », ça me suffit, je n’ai pas tant que ça de temps à perdre non plus…


Le petit Gregory est donc un assez jeune auteur de SF américain qui après deux romans plutôt dans le style de la fantasy (pas lu…) s’est imposé avec, donc, L’Age de la déraison, sa tétralogie évoquant un XVIIIe siècle parallèle (limite perpendiculaire même…) constitué de Les Démons du roi-soleil (Grand prix de l’Imaginaire 2002), L’Algèbre des anges, L’Empire de la déraison et enfin Les Ombres de Dieu. Pour les curieux fauchés et malgré les jolies couvertures des éditions présentées ici  le cycle est aussi dispo en poche chez Pocket SF.

Bon, vous commencez à me cerner : Roi-Soleil, 18ème siècle parallèle, jolies couvertures avec photomontage… paf, ni une, ni deux, j’achète et je phagocyte pour le contexte de Terra Incognita.


Oui. Mais en fait, non.

Le fait que j’ai arrêté les frais au deuxième volume est certes l’indication que je ne suis pas garçon à me décourager si vite mais faut pas abuser quand même. Bref, je me suis bien fait chier à la lecture de cette moitié de tétralogie. Disons le tout de suite, malgré quelques prometteuses pistes, malgré Louis XIV, Newton et les autres, l’ambiance de ce bouquin s’éloigne à des lieues de celle que je souhaitais donner au monde de Terra Incognita.

Comme moi, vous ne trouviez pas La lune et le Roi-Soleil de Vonda McIntyre assez fantastique et uchronique ? Comme certains lecteurs, vous trouvez le Baroque Cycle de Stephenson trop bavard et pas assez concentré sur l’action ? En lisant L’âge de la déraison, vous allez vous en prendre plein la gueule : les bateaux volent, les villes explosent (siii !), y a des démons partout, pis des anges aussi pour faire bonne mesure…

D’aucuns pourront y trouver leur compte de rebondissements et d’action (encore que, franchement…) mais dans l’optique « je lis avec un surligneur pour piller des idées », c’est sec. On s’éloigne tant et tant de l’Histoire qu’à la fin on se demande bien pourquoi Keyes n’a pas plutôt créé un monde de fantasy original aux décors et à l’ambiance seulement inspirée d’assez loin par notre Histoire moderne ou, plutôt, par nos récits de cape et d’épée.

Pour moi, la déception vient surtout du fait que, justement, tout part pour faire de ce récit une belle uchronie fantastique. Un des points de départ est la double face de l’illustre Newton dont on sait qu’il est à la fois le père de notre science moderne et un des derniers alchimistes qui croyait réellement à cette « science ». Mais, dans ce cycle, le personnage devient vite une sorte de Gandalf dépressif sans lien avec le personnage réel. De même, Keyes s’amuse à introduire des machines de SF dans son 18ème siècle : machine à communiquer façon TSF, bateaux volants… mais il omet alors de faire de son univers une uchronie. Comment est-il possible que le Tsar de Russie puisse aligner une flotte de centaines de bateaux de guerre volants et que, dans le même temps, ces formidables inventions n’aient pas été utilisées pour les communications, les échanges commerciaux, l’agrément des grands nobles… ? Keyes n’a retenu que l’aspect amusant pour l’action (poursuites, combat…) de ces inventions et pas du tout leur aspect uchronique.

On pourrait dire alors : « mais tout ça est très bien pour un jeu de rôles justement ! ». Je ne suis pas d’accord. Tout simplement parce qu’on n’y croit pas une seconde. Où est dans ce récit le plaisir de l’Histoire si celle-ci est déformée à ce point ? Contrairement au Baroque Cycle (enfin, d’après ce que j’en sais…), l’innovation scientifique et technologique n’y est pas plausible et l’imaginaire de référence n’a rien d‘authentique non plus.

Ce décor en carton pâte fait un peu penser à celui du jdr 7th Sea … et encore ! On serait plutôt dans une sorte de version super-héros très américanisée de nos récits de cape et d’épée.

Un peu comme si Jean Marais se faisait casser la gueule par les 4 Fantastiques, vous voyez ?


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