Présentation de l’univers de jeu

octobre 24th, 2010  |  Published in Terra Incognita

Le texte suivant, rédigé du point de vue d’un narrateur, et son commentaire objectif devraient vous permettre de cerner en 5 mn les grandes lignes de l’univers du jeu Terra Incognita.
1720. Le Roy n’est pas mort. Vive le Roy !

« En cette sombre année 1720, qui s’annonce si tourmentée pour notre royaume de France soumis aux menaces étrangères, notre bon Roi-Soleil, toujours bien vivant et même, oserais-je dire, plus jeune que jamais, va bientôt fêter, dans le faste des ors du palais de Versailles, sa soixantième année de son règne personnel. Pour cette fête que nous imaginons déjà grandiose, il aura autour de lui tout un monde. Autant de satellites captifs tournant autour d’un astre dont les rayons tout à la fois dispensent la vie et la brûlent à petits feux. Dans cette constellation, il y aura bien sûr le toujours vert Colbert, ministre et conseiller roué. Mais il y aura aussi le toujours fidèle Fouquet, ennemi juré du premier. Il y aura de même le vieux d’Artagnan, qui a tant fait en son temps pour la gloire du Roi-Soleil. Il y aura encore l’illustre Molière qui donnera sans doute pour l’occasion une de ces comédies qui plaisent tant au Roy. Et encore bien d’autres personnages éminents. Le miracle de cette improbable réunion de nos plus grands hommes du Grand Siècle en cette tardive année 1720 est, comme vous le savez, du à l’Elixir, étrange breuvage que seuls les Alchimistes du Roy savent correctement préparer sur la base d’ingrédients que l’on imagine rares mais dont on ne connaît en fait rien tant le Secret du Roy en garde si bien la composition.

Le Roi-Soleil consomme cet Elixir de longue vie et lui doit sa santé actuelle. Mais surtout, il est le seul à pouvoir le dispenser à ceux qu’il estime et qui le servent. Malheur à ceux qui, comme le fit Monsieur Vauban, ont pris le risque de lui déplaire : ils sont condamnés à dépérir dans les abîmes de la vieillesse en observant de leurs yeux fatigués l’éternelle santé de leurs rivaux. »

Le monde de Terra Incognita est ce qu’on appelle une uchronie. Fortement ancrée dans notre Histoire, elle s’en éloigne néanmoins clairement par certaines fractures (ainsi ici : la mise au point de l’Elixir) qui entraînent à leur tour des modifications du cours de l’Histoire. Pour simplifier, l’uchronie  de Terra Incognita met en scène les traits les plus marquants (personnages historiques, grands évènements…) de notre période historique s’étalant grosso modo du milieu du 17ème siècle au milieu du 18ème siècle. Si ce n’est pas là sa principale justification, cette approche doit permettre, pour les joueurs comme pour le maître (ici appelé Maistre), une approche décomplexée de l’Histoire avec un grand H. Un personnage ou un évènement historique vous plaît ? Intégrez-le à votre campagne ! Le tout est de garder une certaine cohérence afin de ne pas basculer complètement dans l’imaginaire et de garder ainsi le sel inimitable  de l’Histoire.

Un monde baroque

« Notre monde de l’an de Grâce 1720 est un monde instable et changeant. Comme ont su le définir nos artistes parmi les plus Inspirés, on dit désormais de notre monde qu’il est « baroque ». Souvent enclin aux excès, parfois même délirant, c’est un monde de métamorphoses inattendues et de découvertes permanentes. Depuis que les savants Copernic et Galilée ont révélé au monde incrédule que leur terre et que leur ciel n’est pas ainsi qu’ils le pensaient depuis des siècles, la pensée baroque assure ne plus être assurée de rien. Un Astronome nous annonce avoir repéré dans le ciel un nouveau monde habité ? Pourquoi ne le croirions-nous pas puisque, comme nous le dit Monsieur de Fontenelle, le nôtre n’est qu’un parmi la pluralité des mondes ? Un explorateur fait le récit d’un voyage vers un invraisemblable pays jusqu’ici inconnu et que l’on jurerait surgit de nulle part ? Pourquoi ne le croirions-nous pas puisque l’on sait désormais qu’il est, sur notre Terre même, de nombreuses contrées inconnues de la Sainte Bible et peut-être, pardonnez mon audace, du Dieu-Soleil lui-même ? Bien que fortement déstabilisée par l’évolution inattendue du monde baroque, la communauté de nos meilleurs savants, en ses Académies et ses salons, tente, tant bien que mal, de s’adapter à cette nouvelle donne. Après tout, ces intrépides Voyageurs revenus, à en croire leurs récits, des Cieux ou de ces Pays de Nulle Part, ramènent avec eux des matières, des Substances comme ils disent, parfaitement inconnues et dont les vertus restent encore à explorer scientifiquement. Ne dit-on pas que c’est grâce à elles que les Alchimistes du Roy réussissent à fabriquer l’Elixir et encore bien d’autres Prodiges ? »

Evidemment, ce sont là les fameuses Terra Incognita qui donnent leur nom au jeu ! Les personnages feront immanquablement partie de ces Voyageurs intrépides qui, par hasard ou par choix, découvrent et explorent les mondes inconnus dans les cieux ou sur les mers. L’exploration, l’interaction avec une nature et surtout des peuples inattendus et souvent dangereux est donc une problématique au cœur du jeu. Toutefois, comme il est suggéré à la fin de ce paragraphe, il ne faut pas non plus négliger dans ce jeu l’intérêt des relations entre ces découvertes et notre monde historique : ce sont ces relations et leurs conséquences (ainsi l’Elixir) qui, de fait, ont créées l’uchronie.

Une uchronie littéraire

« Mais, me diriez-vous, comment sait-on tout cela ? Comment sait-on quel genre de personnes, quel genre de bêtes peut-on rencontrer dans ces Terra Incognita ? Et bien, c’est fort simple. Un enfant pourrait le savoir : il suffit de lire. Vous connaissez bien entendu Monsieur de la Fontaine. N’a-t-il pas empli ses fables si plaisantes d’une description minutieuse des mœurs de toute une société d’animaux anthropomorphes ? Je vous ai déjà parlé de Monsieur de Fontenelle, homme savant s’il en est. Ne nous assure-t-il pas dans ses meilleurs ouvrages que la pluralité des mondes extra-terrestres fait que les cieux sont peuplés, tout comme notre Terre, de créatures vivantes et intelligentes ? Et avez-vous entendu parler du récit que compose ce diable d’Irlandais, Jonathan Swift ? On dit qu’il y conte les aventures merveilleuses d’un certain Gulliver, errant de Terra Incognita en Pays de Nulle Part. Enfin, comme je sais que vous fréquentez les meilleurs salons, vous avez comme moi lu ces savoureux récits orientaux dits des Mille et Une Nuits qui viennent juste d’arriver au Pays d’Ici. Ils sont tout emplis de magies et de créatures fabuleuses qui donnent un écho troublant aux contes de Monsieur Perrault. Tout cela me fait dire qu’il doit bien y avoir, derrière les extravagances, quelque vérité dans tous ces récits… »

Si on veut bien accepter ce terme inhabituel, on peut en effet dire que Terra Incognita est une uchronie littéraire. Le principe est le suivant. Aux 17ème et 18ème siècles se développent en France et dans d’autres pays d’Europe un foisonnement sans précédent de littérature d’imagination :  contes, fables, voyages extraordinaires et même romans de science-fiction ! On supposera donc que tout ce qui est imaginé par les auteurs de ce temps existe réellement, au moins en partie, dans l’univers du jeu. Pour conserver une certaine cohérence tout en préservant la plus grande diversité possible d’influences, on considérera que la période littéraire prise en compte va grosso modo de 1650 à 1750. Ainsi, comme on l’a vu dans le récit de notre narrateur, les animaux anthropomorphes des fables de La Fontaine, les Pays de Nulle Part comme ceux visités par Gulliver, les fées des contes occidentaux et les génies des contes orientaux… trouvent leur place dans Terra Incognita. Mais cela concerne aussi les romans picaresques, les fantaisies précieuses comme la Carte du Tendre ou encore les racontars du baron de Münchhausen. Enfin, on n’oubliera pas dans cette liste de références littéraires la plus importante de toute : Cyrano de Bergerac et ses voyages vers la Lune et le Soleil. En effet, d’une certaine manière, ce bon Savinien est à l’origine de cette uchronie…

Les Guerres Célestes

« Il m’étonnerait que le nom de ce drôle soit parvenu jusqu’à vos oreilles mais, moi qui suis bien introduit auprès du Secret, laissez moi vous éclairer. Bien sûr, que tout cela reste entre nous : les Mousquetaires du Roy savent faire taire les plus bavards… Personne ne vient ? Allons-y. Il y a de cela bien des années, alors que notre Roi-Soleil n’était encore qu’un enfant, un certain Savinien de Cyrano de Bergerac, poète et bretteur de son état, trouva un moyen – ne me demandez pas lequel ! – de s’élever dans les Cieux. Il voyagea si bien à travers l’éther qu’il parvint jusqu’à l’un de ces mondes habités semblables à la Terre dont je vous parlais plus haut. C’était en fait ce que nous appelons la Lune ! Il y découvrit toute une société et même un puissant empire. Il poursuivit son voyage extraordinaire et découvrit un soleil pareillement peuplé et organisé. Hélas, comme les états de notre Terre, ces deux empires étaient en guerre permanente pour des raisons aussi obscures que déraisonnables. Constatant que, où qu’il aille, il retrouvait la guerre et la haine qu’il avait pourtant voulu fuir, Cyrano revint sur Terre. Pourtant, comme vous vous en doutez, de tels va-et-vient n’avaient pu rester totalement indécelables. Ainsi, les services, toujours si diligents, de notre bon Roy étaient déjà sur la trace du libertin. Même si le secret en est bien gardé, nous sommes nombreux à penser que c’est alors que Louis prit contact avec son homologue des Cieux et se forgea l’idée de devenir Roi-Soleil et de promouvoir la Réforme Solaire du culte chrétien. Peut-être, sans doute même, que cette alliance fut également une étape indispensable dans l’acquisition du savoir permettant d’obtenir l’Elixir. Notre royaume acquit, de fait, une grande puissance suite à l’alliance solaire : les conseils avisés de nos Astrologues lui permit de maintenir en respect ces diables d’anglais et une bonne partie de l’Europe. Hélas, l’alliance est à double tranchant et, depuis que les Guerres Célestes ont repris de plus bel ces dernières années, notre pauvre pays en subit les aléas. Vous rappelez-vous le terrible hiver 1709 ? Oui, celui où le vin gelait dans les verres à Versailles. C’était là le signe d’une terrible défaite pour nos alliés solaires, n’en doutons pas. De plus, il faut nous rendre à l’évidence : les Etats et Empires de la Lune souhaitent la fin de notre royaume et poussent partout sorciers, créatures de la nuit et même désormais les Turcs afin de nous nuire ! Puisse le Soleil, sur Terre et aux Cieux, nous sauver… »

Entre 1650 et 1750, l’Europe s’intéresse beaucoup au ciel. C’est d’abord une époque d’immenses progrès astronomiques : le grand Isaac Newton met au point le premier télescope, Cassini, grâce à l’Observatoire de Paris qu’il préside, découvre les satellites de Saturne et cartographie la Lune, Römer calcule la vitesse de la lumière, Huygens explique la formation des anneaux de Saturne, Halley calcule la périodicité de la fameuse comète…Bien qu’indiscutablement scientifiques, ces découvertes révolutionnaires contribuent au trouble du temps, à son côté « baroque ». On n’est alors plus sûr de rien : qu’en est-il de Dieu et de la place centrale de la Terre et des hommes ? y a-t-il ailleurs d’autres mondes extraterrestres peuplés d’êtres intelligents ? les astres dont les mouvements semblent si puissants n’ont-ils pas une réelle influence sur les hommes ? Si la science n’est pas encore science (comprendre qu’elle est encore très empirique et non expérimentale et rationnelle) et que, dans le même temps, la religion n’est plus un dogme de vérité intangible, où s’arrête l’une et où commence l’autre ? Quelle est la limite entre folie et raison ? Mensonge et vérité ? Pour parler clairement, le monde de
Terra Incognita, contrairement au nôtre à pareille époque, a vu la limite entre science et magie se troubler et se mélanger irrémédiablement pour ne plus faire qu’une seule source de mystères et de curiosités.

Sciences et Prodiges

« Dans les laboratoires,les bibliothèques et les cabinets de curiosités, les hommes de science n’ont jamais cessé de travailler à de nouvelles recherches, à de nouvelles inventions. Les réussites ne sont pas minces : qu’on en juge ! Ainsi, l’anglais Newton nous stupéfie par sa théorie de la gravitation ou bien encore Denis Papin travaille sur une étonnante machine mue par la force de la vapeur. Mais, quoi qu’il en soit, la plupart des trouvailles de ces messieurs semblaient frapper d’une manière de force d’inertie et peu réussissaient à aboutir à de grandes réalisations réellement utilisables par les esprits ordinaires et les gens du commun. Vinrent alors ce que les Alchimistes appellent les Substances. Rapportées au Pays d’Ici à prix d’or ou prix de sang par quelque intrépide Voyageur, ces Substances aux propriétés Prodigieuses décuplèrent littéralement les possibilités des savants et des ingénieurs. Certains, tel ce Monsieur Papin dont je vous entretenais précédemment, en profitèrent pour faire enfin aboutir leurs recherches en rendant leurs prototypes plus stables et fonctionnels grâce à l’incorporation de ces précieuses Substances. D’autres, encore plus audacieux ou, à mon humble avis, plus fous encore, établirent de tous nouveaux principes et, incorporant massivement des Substances à leurs procédés, réussirent à en tirer d’étonnantes machines roulantes, fumantes, volantes parfois même ! Enfin, bien sûr, quand tout cela ne leur explosait pas à la figure, bien sûr… »

Du fait ce cette interaction entre les Substances purement magiques ramenées des Pays de Nulle Par et les conceptions scientifiques de l’époque, Terra Incognita intègre des éléments d’uchronie scientifique et technique. Ceux-ci sont, afin de respecter l’ambiance de cet univers, limités aux domaines scientifiques et techniques en vogue sur l’ensemble du XVIIIème siècle… même si c’est parfois historiquement bien après les années 1720 que ces inventions apparaissent finalement ! Ainsi, les ballons dirigeables et les automates qui existent dans Terra Incognita n’existaient pas dans les véritables années 1720 mais les hommes de cette époque cherchaient dans ces directions et ont donc fantasmé leur existence. Jusqu’à ce que la découverte des Pays de Nulle Part et leurs prodigieuses Substances rendent tous ces rêves désormais possibles !

Inventeur machiniste ? Voyageur intrépide ? Alchimiste expert des Substances ? Quels rôles joueront vos personnages dans cet univers de science et de magie ?


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